mercredi 23 mars 2011

Fin de la période métropolitaine (Page: 40)


Nous avons pris notre retraite tous les deux à 60 ans, après 42 ans de travail avec des périodes de bien-être et des périodes de vache maigre.

Au début de notre retraite, nous sommes restés quatre ans dans la région parisienne à visiter Paris et les alentours, après quoi, nous sommes partis nous installés sur l’île de La Réunion, pour retrouver et être proche de nos enfants et petits enfants.

Et c’est ainsi que se clôture notre période France Métropolitaine. 


 
Ci dessus un souvenir des hivers rudes, la cheminée était de rigueur. 

La décoration a été faite par un ami architecte décorateur Michel-Jacques P.
La cheminée était en tôle épaisse, traitée avec une patine noire. Elle est suspendue à 40 cm du sol avec un foyer ouvert protégé par une grille. On pouvait faire des grillades grâce à une grande grille métallique. En fond de mur, un revêtement en briques de « Vaugirard » finissait l’ensemble et donnait un ensemble harmonieux et chaleureux.


                                                                           Andrée
                                                                       Georgette (Bibi)
                                                                      Odette (Ysia)
Ci-dessus, mes trois soeurs, il manque la 4ème, Nanie.



Opérations "Coup de Poing" (Page: 39)



Pendant nos années de travail, et profitant des ponts de congé de trois jours ou plus, nous faisions ce que nous appelions les opérations « Coup de poing », avec nos amis Jean-Claude et Josyane, des amis de longue date, nous prenions la route soit au Nord, la Hollande, Anvers, Amsterdam, Volendam, soit à l’Ouest vers Cherbourg, le Nez de Jobourg, au Sud, vers l’Espagne.

Au Nord Ouest du département,la presqu’île de la Hague recèle de nombreuses surprises : le Nez de Jobourg (les plus hautes falaises, 128 m de haut), la baie d’Elcagrain, le port Racine (le plus petit port de France)…Le cap de la Hague offre des paysages de toute beauté et a gardé, pour l’essentiel, ses villages et son habitat traditionnel.

Les kilomètres ne nous faisaient pas peur, nous étions deux à conduire, on avalait du bitume à plein régime.

Professionnellement et socialement, nous avons gravi chacun de notre côté, Mady et moi les échelons de la hiérarchie, je passe les détails, il y a eu des hauts et des bas, comme tout un chacun.
 

Baie d'Halong (Page: 38)



Quelle drôle d’embarcation au premier plan, un panier en osier avec un enduit étanche.
Il fallait voir avec quelle dextérité, les vietnamiens manipulent la rame en godille pour faire avancer et sans renverser le frêle esquif.

                                                   
                                                   La baie d'Halong

Voyages, voyages... (Page: 37)



Plus tard, les enfants étant plus âgés, et qu’ils ne nous accompagnaient plus en vacances, nous profitions pour faire des voyages plus lointains.

La Thailande, l’Egypte en croisière sur le Nil, Israël dans les kibboutz, la Chine sur la route de la soie et le Viet Nam, pays de mon enfance.
 
Le Viet Nam que j’ai quitté à l’âge de treize ans en Juin 1949, que j’ai retrouvé avec beaucoup d’émotions en 1996, plus de cinquante après.

Le souvenir de mon enfance me sautait aux yeux et me nouait la gorge, je retrouvais ma Cochinchine, mon Indochine.

J’ai retrouvé mon pays tel que je l’avait quitté, mis à part les grandes villes, mon village de Buu Hoa, le kiosque à musique, le pont Eiffel, le bras mort de la rivière où nous nous étions réfugiés pendant six mois sur une jonque.

Je n’ai pas retrouvé l’usine de mon père qui a été incendiée et  entièrement démolie, il ne restait plus aucune trace.

Varna, les "Sables d'or" (Page: 36)


Prenant mon courage à deux mains, j’ai fait le chemin du retour en roulant doucement. Nous somme arrivés sans encombre à Limeil-Brévannes, je n’ai rien fait à mon doigt de pied, il est resté immobile et flasque mais ce n’est pas gênant, n’étant pas un sportif de haut niveau.

Le plus long voyage que nous ayons effectué avec les enfants, c’était la Bulgarie et la Turquie.
Cette fois-ci, ce n’était pas avec la caravane, mais en camping, nous avons traversé toute l’Europe, d’Ouest en Est, l’Allemagne, l’Autriche la Yougoslavie et enfin la Bulgarie où nous avions des cousins éloignés à Varna sur le bord de la Mer noire.
Je passe les péripéties du voyage, en arrivant à Sofia, nous étions repérés par la milice de quartier, c’était encore du temps du bloc soviétique. Nous étions accueillis par la femme d’un pasteur protestant, mais ne fallait pas que l’on soit ensemble, la femme du pasteur marchait à dix mètres derrière nous.
Devant le magasins, il y avait des queues interminables, soit pour de la viande soit pour des légumes, à cause de la pénurie de produits alimentaires. Les meilleurs morceaux de viande et la meilleure production maraîchère étaient réservés à l’exportation ou pour les hôtels de luxe.

A Varna, nous étions logés dans le complexe hôtelier « Les Sables d’or », formé par des nombreux hôtels gérés par l’Etat. Beaucoup de touristes venant d’Allemagne de l’Est, étaient les préférés des serveurs en raison de leur opinion politique. Nous, les petits français, nous étions mal vus, considérés comme des éternels râleurs et près de leur porte-monnaie. Heureusement pour nous, un cousin éloigné, du nom de Sarkis, veillait au grain,  il s’occupait de nous personnellement.

Décidant de faire une extension jusqu’en Turquie, à Istamboul, nous prenons le bateau pour traverser la Mer noire, bien mal nous en a pris, nous étions logés dans l’étrave du bateau, en fin fond de la cale. Toute la nuit, nous étions secoués comme des sacs à patates, tangage et roulis se succédant à un rythme infernal, nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit.

En arrivant le lendemain matin, nous sommes allés visiter le Grand Bazar, le plus grand Souk de Turquie, c’est à ce moment là que nous avons perdu nos enfants dans la foule à cause d’un moment d’inattention.
Nous les avons cherché partout, courant dans tous les sens, nous les avons enfin retrouvé à l’arrêt des autocars, heureusement qu’ils se sont souvenus de son emplacement.
Après une visite au trop des merveilles de Constantinople, le Palais Topkapi, le Pont Galata qui enjambe la Corne d’Or, et assistés à une soirée orientale avec danse du ventre, au bout de trois jours, nous avons repris le bateau en sens inverse.

Les grands lacs italiens (Page: 35)


Eric et Thierry étaient sur les caisses à savon, les « Optimistes » et moi sur les dériveurs légers, 420, 5o5, Ponant, Mothe et Laser. Petit à petit les enfants ont rejoint leur père sur les gros engins.
Les exercices de navigation, les prises de vent, de déssallage, choisir un cap et louvoyer en tirant des bords, n’avaient plus de secret pour nous, nous sommes devenus des bons skippers.

 Avec les enfants et notre caravane, nous avions effectué beaucoup de voyage en Europe, en particulier en Autriche, au Tyrol au bord du lac « Schwarzsee » pas loin de « Kitzbühel ».
Un soir, nous avions laissé nos enfants à la caravane, avec leur pyjama, couchés dans leur lit, pour partir dîner en ville. Au restaurant, voyant l’ambiance qui y régnait, et pris de remord, nous fîmes demi-tour pour rechercher Eric et Thierry.

Arrivés au terrain de camping, nous ouvrons la caravane et là, nous étions abasourdis, la caravane était vide. Sans me paniquer, je me dirigeais vers le lac avec ma lampe de poche, ils étaient là tous les deux, en train de pêcher avec du caramel mou en guise d’appât.

Après les avoir admonestés vertement, nous les avons quand même emmené avec nous au restaurant.
L’ambiance ressemblait à une joyeuse fête de la bière, avec les cuivres, les tubas, les saxophones et la grosse caisse. Chaque fois que le tuba jouait, le plumet sur le chapeau d’un tyrolien, montait en l’air d’un mouvement saccadé, ce qui faisait s’esclaffer les enfants.

Nous avons fait aussi les grands lacs italiens, Lac de Côme, le Lac Majeur et le Le Lac de Garde. Et comme à notre habitude, nous avons stationné notre roulotte au bord du Lac de Garde, le voisinage était agréable, à part les italiens qui faisaient beaucoup de bruits, les enfants ont sympathisé avec une voisine qui avait un chat adorable, nous l’avons surnommée Madame « Pussy Cat ».

C’est au court de cet été, en allant à la pêche, sans chaussure de protection, que je me suis coupé un tendon d’un orteil du pied gauche, en marchant sur un tesson de bouteille. Tout de suite à l’hôpital italien de Brescia, j’ai consulté un chirurgien de garde qui décida de m’hospitaliser pour m’opérer.
 Les vacances étaient gâchés, heureusement que c’était la fin, j’ai refusé catégoriquement l’opération, le chirurgien m’a fait un pansement avec une attelle et je suis sorti de l’hôpital.

Mais le plus dur n’était pas fait, il fallait rentrer en France, faire 1200 km en voiture avec une caravane à tracter, traverser le tunnel du Mont Blanc, Mady ne conduisant pas, il faillait que je m’y colle pour conduire avec une patte folle.

La tribu des "Cul nu, Cul nu" (Page: 34)


sauvage) nudistes, venaient à notre secours pour nous remettre à flot. Pierrot qui était bien jeune ne pouvait pas cacher son étonnement à la vue des « Zizis » à l’air, et comme explication possible, nous lui avions expliqué que ces personnes faisaient parties d’une tribu sauvage « les cul nu, cul nu » indigènes de la région ardéchoise.

L’explication semblait le satisfaire pleinement et la suite du parcours s’est achevé sans autre étonnement.


Pendant près de vingt ans, nous passions le mois d’Août sur la Côte Méditerranéenne, dans la ville du Pradet dans le Var, petite ville situé entre Hyères et Toulon.

Mes parents s'étaient retirés dans cette ville pour la retraite. C’est donc là, que nous nous sommes initiés à la voile, mes enfants et moi.

Nous étions inscrits dans une école de voile à Carqueiranne, tous les matins de neuf heures à midi, nous prenions le large et bon vent les matelots.