Il n’a pas daigné obtempérer de peur de se faire rosser car il n’ignorait pas que je pratiquais les arts martiaux. Et depuis ce jour là, il m’évita littéralement et moi je fis de même.
Un autre fait marquant se produisit une autre fois, lors d’une baignade au « Strandbad » du lac de Constance, pas mauvais nageur, j’étais au large, mon copain Christian qui nageait comme un soldat de plomb, a peut être voulu me suivre, mais manque de chance, il n’avait plus pied, je le voyais s’enfoncer dans l’eau et réapparaissait à plusieurs reprises. Ne demandant pas mon reste, j’ai pratiqué le plus rapide « Crawl » de ma vie pour le choper par les cheveux, puis par les épaules pour le sortir de ce mauvais pas.
Depuis, à chacune de nos rencontres, il me rappelle ce fait divers qui aurait pu tourner au drame.
Des parties de pêche endiablées dans les rivières poissonneuses des environs, des cueillettes d’escargots « de Bourgogne » gros comme des poings, les allemands ne les mangeaient pas, il faut être français pour se régaler de ça, et aussi les grenouilles que nous pêchions dans le fond de la base où il y avait des trous d’eau.
D’autres péripéties telles que faire le mur à une vingtaine de soldats de la Classe 56/3, pour braver les interdits et marquer notre colère à l’annonce d’une prolongation de la durée du service actif de 18 mois à 24 puis à 27 mois. Ils ne pouvaient pas nous mettre tous en taule, la prison n’était pas assez grande.
Le jour de l’annonce de la « quille », c’était la fiesta, nous avons passé la nuit à écluser des hectolitres de bière, dans les chambrées d’abord puis au foyer du soldat. Nous n’avons pas arrêteé de chanter des chansons de corps de garde et de boire jusqu’à plus soif.
Le lendemain, tout le monde avait la gueule de bois.
Malgré, une sanction de 15 jours de prison pour ne pas avoir salué un Lieutenant habillé en gabardine civile, j’ai été libéré avec le « Certificat de Bonne Conduite » et renvoyé au foyer familial le 31 Octobre 1958.
C’était une très bonne période de ma vie, un moment où l’on apprend la camaraderie, l’entraide et où l’adolescent devient un adulte à part entière. C’est vraiment dommage que le service militaire soit supprimé.
Démobilisé, je rejoignais ma famille à Montgeron dans l’Essonne en Région Parisienne, j’avais 22 ans.
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