Nos loisirs étaient nombreux, il nous arrivait d’aller dans les bois pour dénicher des oiseaux de toutes sortes, mais surtout des merles.
Pourquoi des merles me direz-vous ? Les merles sont des oiseaux qui peuvent parler si l’on pratique une petite opération chirurgicale au niveau de la langue, il suffit tout simplement de décortiquer une petite membrane et de le sectionner au raz de la base de la langue. Nous cautérisions la plaie à l’aide d’une aiguille passée à la flamme. C’était une méthode plutôt barbare mais une méthode courante.
Le merle comme le perroquet répète tous les morceaux de musique ou de chants qu’on met à leur disposition, nous leur apprenions, en priorité notre hymne national « La Marseillaise ». Il se débrouillait à merveille et qui faisait la joie de toute la famille.
Une autre distraction de mômes, nous organisions des combats de grillons.
Le grillon a fait partie du pittoresque du sud de la France, au même titre que les cigales. Tuter les grillons était une activité prisée des enfants en été. Il s'agissait de repérer un grillon par son chant, de s'en approcher lentement, puis de trouver le trou (la « tute ») où l'insecte s'était réfugié. Une longue tige fine étant agitée dans le trou, le grillon sort et on le capture, pour le mettre dans une petite cage spéciale : convenablement nourri, la cage exposée au soleil, le grillon pouvait chanter longtemps. (Source Wikipédia)
Nous organisions de parties de chasse aux grillons pendant la saison sèche, après les moissons, les grillons chantaient à tue-tête dans les champs ou rizières. Il suffisait de s’en approcher de l’endroit d’où venait le cri-cri et de le déloger avec la méthode signalée plus haut. Parfois, sous les mottes de terre ou sous les gros cailloux, on trouvait à la place des grillons, des serpents venimeux enroulés sur eux-même, endormis. C’était quand même une chasse assez dangereuse mais nous étions prévenus et aguerris à ce genre de pratique.
Seuls les grillons mâles sont combatifs, nous lancions des défis avec les copains, comme pour les combats de chiens ou de coqs.
Les grillons sont lâchés dans un petit espace, en général dans une boîte de carton à chaussures, grâce à leurs antennes, ils se repéraient facilement. D’abord, ce fut le cri de guerre avec leur ailes qui crissent, puis ensuite, le combat proprement dit.
Soudain, ils se sautent dessus littéralement, leurs mandibules en avant, leurs mâchoires en mouvement frottant l’une contre l’autre, ils se mordent à pleine dent, les pattes et les ailes volent en éclats, les intestins à l’air, le combat est terminé lorsque l’un des deux combattants et hors de course ou mort. Le gagnant monte alors sur ses pattes arrières en poussant son cri-cri de victoire. C’était un jeu atroce avec le recul, mais il faut relativiser, c’est la tradition au même titre que les combats de chiens et de coqs et à notre époque les courses de taureaux.
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