mardi 22 mars 2011

Expédition punitive (page: 11)


En 1952, l’armée populaire vietnamienne lance des attaques contre les fortins de la « Ligne de Lattre «  du nom du Général de Lattre de Tassigny, derrière laquelle se sont retranchées les troupes françaises.
En dépit de l’héroïsme dont fait preuve le Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient (CEF),, la bataille de Dien Bien Phu est perdue en 57 jours. Le gouvernement de Mendès France promet alors de conclure les accords de Genève au plus tard au mois de Juillet 1954, ce qui advient le 22 Juillet 1954.

Le général GRAS conclut au sujet de Dien Bien Phu :

« Il n’y a pas de places fortes imprenables lorsqu’on renonce à les secourir. Le camp retranché a fini par tomber, comme sont tombées, au cours de l’histoire, toute les forteresses assiégées abandonnées à leur sort ».

-      Général Yves GRAS, Histoire de la guerre d’Indochine, Editions Denoël, 1992, page 561.

Tout ça pour situer le contexte de mon histoire personnelle, après la débâcle de l’armée nippone, s’ensuivirent des faits dont les détails sont omniprésents dans ma mémoire.

Un jour du mois d’Août 1945, un groupe de rebelles Viet - Minh, débarqua sans crier gare, dans notre cour et embarqua mon oncle et mon père, pieds et poings liés, jetés dans un camion, ils les emmenèrent je ne sais où.

Nous avons appris quelques temps plus tard, par des amis vietnamiens, que mon père et mon oncle ont été jugés sommairement et qu’une sanction expéditive et définitive avait été prononcée à leur encontre ce qui veut dire « Peloton d’exécution », fusillés comme des traîtres contre le pays. Tout ça parce qu’ils n’ont pas voulu renoncer à leur « Nationalité Française » et considérés comme des salauds de colons exploitants le petit peuple vietnamien. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

Avec le recul, je me demande comment la cruauté ou la manipulation mentale, peut pousser des humains à traiter de la sorte deux hommes, orphelins de père, dont les seuls torts ont été de vivre parmi les autochtones, de partager leur vie au travers d’une petite exploitation, (bâtie à la force des poignets et baignée de leur sueur), permettant aux paysans d’écouler leurs récoltes de riz ? Ces deux hommes sont morts à 33 ans, l’âge du Christ…

Dans la même journée, grâce à la générosité d’une vietnamienne, nous avions été prévenus que l’expédition punitive allait revenir pour embarquer le reste de la famille, sachant cela, notre mère nous confectionna à chacun de nous, une besace en toile de jute, avec sa machine à coudre mécanique « SINGER ». Ces

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