mardi 22 mars 2011

L'orphelinat de Thu Duc (page: 14)


Ce n’était pas le plus mauvais rôle, le curé m’aimait bien, je pouvais manger des hosties tant que je voulais, bien sûr le vin de messe, pas touche !

 Nous ne mangions pas souvent à notre faim, malgré les colis que notre mère nous envoyait, car ils étaient souvent ouverts et les meilleurs friandises, pâtés, saucissons étaient subtilisés avant d’arriver à leur destinataire.

Le café du matin était constitué par un substitut de riz grillé, infâme ersatz qui ne ressemblait à du café que par la couleur mais n’avait ni le goût ni l’odeur.

Nous avions tellement faim, que mes frères et moi, nous mangions quelques fois des rats des champs que nous capturions à l’aide de pièges et de collets posés dans les bois dans l’enceinte de l’orphelinat.

Etant le plus jeune des trois, je souffrais beaucoup de malnutrition, à tel point que j’étais devenu fragile et je subissais les agressions des moustiques.

A toutes les périodes de mousson qui duraient parfois quatre à six mois, j’étais cloué au lit avec une fièvre de cheval et en même temps je grelottais de froid, j’avais attrapé la « Malaria » chronique. Tous les médicaments que j’ingurgitais, Quinine, Aspirine etc… ne me faisaient aucun effet.

Au bout de trois longues années, ma mère ayant vu mon état de santé, (j’avais le blanc des yeux, couleur jaune vitreux, peut être à cause de la Quinine et surtout du Paludisme), me sortit de l’orphelinat.

Entre temps, ma mère ayant fait la connaissance d’un militaire « Adjudant » de l’armée de terre française, s’était mise en ménage avec lui. C’était un brave homme qui a bien voulu nous recueillir tous, femme et enfants, orphelins de guerre.

Ma mère en tant que veuve de guerre, avait droit à une concession « d’Opium » c’est-à-dire, elle touchait un certain contingent de drogue qu’elle revendait ensuite à des fumeries d’opium. Cela lui permettait de récupérer un revenu substantiel.
Parfois, il m’arrivait d’aller voir comment ça se passait dans les fumeries d’opium, j’accompagnait un membre de la famille de mon oncle, car j’étais trop jeune pour pouvoir pénétrer dans ces établissements.
Dans une grande salle, séparée par des paravents, des bas flancs en bois servaient de lit, les fumeurs étaient allongés presque au raz du sol, leur tête reposait sur un oreiller en porcelaine, une pipe tenue d’une main et de l’autre main, ils roulaient une petite boule d’opium avec laquelle, ils bourraient leur pipe. Un petite lampe à huile posée à même le sol leur permettait de griller le précieux poison. Une odeur nauséabonde pour moi, mais combien agréable pour les

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